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lundi 07 décembre 2009 Droit des marques

Droit des marques – Arrêt « Summer Skin » rendu par la Cour de cassation le 22 octobre 2009 en matière de marques Benelux.

L’arrêt de la Cour de cassation du 22 octobre 2009 - www.juridat.be, rôle C.08.0411.N - concerne l’enregistrement comme marque Benelux de l’expression « Summer Skin » pour désigner un produit de beauté (une crème hydratante gratifiant son utilisateur d’un « hale progressif et naturel », fabriquée par le défendeur, Roc – Janssen Phamramceutics).

 

L’Office Benelux avait refusé l’enregistrement du nom « Summer Skin » comme marque Benelux, pour défaut de caractère distinctif. L’article 6bis, 1, c de la loi uniforme Benelux sur les marques – en vigueur à l’époque de la décision et aujourd’hui remplacé par l’article 2, 11, 1, b. de la Convention Benelux en matière de propriété intellectuelle, dont le contenu est identique – disposait en effet que :

« 1. Le Bureau Benelux refuse d'enregistrer une marque lorsqu'il considère que:

(…)

c) la marque est composée exclusivement de signes ou d'indications pouvant servir, dans le commerce, pour désigner l'espèce, la qualité, la quantité, la destination, la valeur, la provenance géographique ou l'époque de la production du produit, ou d'autres caractéristiques de celui-ci;

(…)

».

 

La cour d’appel de Bruxelles avait réformé la décision de l’Office Benelux. Elle avait considéré que l’expression « Summer Skin », bien qu’elle soit en partie descriptive, pouvait être enregistrée comme marque au motif que celle-ci faisait preuve de suffisamment de fantaisie et distinguait le produit auquel elle se rattachait : « In het algemeen kan worden gesteld dat in de perceptie van de geviseerde consumenten in de Benelux de woordcombinatie ‘summer skin' geen platte zakelijke strekking heeft, maar integendeel getuigt van fantasie en enigszins appelleert aan een sfeer van welbehagen. Het kan verder worden ervaren als de uitdrukking van een resultaat dat wordt bereikt indien de producten die onder het teken worden aangeboden worden gebruikt" (...). "Aldus bezit het teken in zijn geheel beschouwd onmiskenbaar een graad van herkenbaarheid voor de waren waarvoor het is gedeponeerd ».

 

La Cour de cassation casse la décision de la cour d’appel.

 

Elle rappelle que l’article 2.11.1.b de la Convention Benelux en matière de propriété intellectuelle doit être appliqué et interprété conformément à l’article 3, 1, b) en c) de la directive 89/104/CE sur les marques, ces deux dispositions ayant un contenu identique.

 

La Cour de cassation se réfère ensuite à la jurisprudence de la Cour CE (affaires C-363/99, Koninklijke KPN Nederland nv c/ Bureau des marques Benelux et C-265/00, Campina Melkunie bv c/ Bureau des marques Benelux) d’où il ressort qu’une marque verbale qui décrit les produits ou services auxquels elle se rattache manque nécessairement de caractère distinctif : « Een woordmerk dat kenmerken van waren en diensten beschrijft in de zin van artikel 2.11.1.c BVIE mist met name om die reden noodzakelijkerwijs elk onderscheidend vermogen met betrekking tot die waren of diensten in de zin van artikel 2.11.1.b BVIE. Deze regel is bepaald in de arresten van het Hof van Justitie van de Europese Gemeenschappen (…) ».

 

La Cour de cassation poursuit en jugeant que l’enregistrement doit être refusé dès lors que la dénomination présentée à l’enregistrement peut, même seulement potentiellement, présenter un caractère descriptif – c’est-à-dire même si elle ne présente pas encore ce caractère au moment de l’enregistrement mais peut l’acquérir :

« Om de inschrijving te weigeren bij gebrek aan onderscheidend vermogen, is het niet noodzakelijk dat de tekens of benamingen waaruit het merk bestaat, op het moment van de inschrijvingsaanvraag, daadwerkelijk worden gebruikt voor de beschrijving van waren of diensten als die waarvoor de aanvraag wordt ingediend of van de kenmerken van deze waren of diensten. Het volstaat dat die tekens en benamingen hiertoe kunnen dienen.

De inschrijving van een woordteken als merk moet dan ook geweigerd worden indien het in minstens één van de potentiële betekenissen een kenmerk van de betrokken waren of diensten aanduidt.

Deze regel is bepaald in de arresten van het Hof van Justitie van de Europese Gemeenschappen van 23 oktober 2003, zaak C-191-01 P, BHIM t/ Wm. Wrigley Jr. Cy. (r.o. 32) en van 12 februari 2004, zaak C-363/99, Koninklijke KPN Nederland nv t/ Benelux-Merkenbureau en zaak C-265/00, Campina Melkunie BV t/ Benelux-Merkenbureau, (r.o. 38) ».

 

Dès lors que la cour d’appel avait relevé que l’expression « Summer Skin » n’avait pas en soi une signification particulière et pouvait être considérée comme l’expression du résultat emporté par l’utilisation du produit, elle ne pouvait donc pas conclure à sa protection en tant que marque Benelux. L’arrêt de la cour d’appel est dès lors cassé.

 

Raphaël Gyory

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